28 avril 2010. Le premier ministre PALU Adolphe Muzito a répondu au rendez-vous avec les représentants du peuple -comme ils aiment se proclamer- à l'Assemblée Nationale pour répondre aux quatre centaines de questions lui posées sur la politique générale du pays. Comme à son habitude, depuis l'époque du patriarche Antoine Gizenga, les thriféraires du Parti Lumubiste (PALU) ont mobilisé quelques dizaines de militants pour applaudir le premier ministre.
Ce que ni les supporters PALU, ni le premier ministre ne savait pas, c'est qu'une "bombe" allait être laché par le député interpellateur, le MLC Jean-Lucien Busa. Sa "bombe" a été réservée pour la conclusion. Enumérant des biens meubles et immeubles attribués par tout kin par Muzito, le député accuse, urbi et orbi, le premier ministre d'"enrichissement illicite" sur le dos du peuple à qui ont demande depuis 2006 de serrer la ceinture au moment où les dirigeant s'engraissent allégrémment.
Ce qui n'était qu'une rumeur dans la capitale a été porté dans le saint des saints du Parlement. Ce qui se chuchotait, à tort ou à raison, dans la ville haute est arrivé sur la place publique et de la manière la plus officielle. Les biens cités existent et sont localisables dans Kinshasa transformée en chantier permanent. Ca tout le monde peut voir et le sait. Ce que tout le monde ne savait pas, c'est le ou les propriétaires de ses biens dignes des nababs narcotrafiquants.
Désormais un élu du peuple a désigné le propriétaire de ces richesses insolentes: Adolphe Muzito. Il y a cinq ans, soit une année avant les élections générales qui ont engendré l'alliance momentanée PPRD-PALU-UDEMO, l'actuelle premier ministre était un homme ordinaire au discours fumant contre tous ceux qui affichaient des signes de bourgeoisie. En moins de cinq ans, il est, à en croire le député Busa, à la tête d'une fortune, si pas l'une des plus grosses fortune du pays.
Pour démentir le député, un communiqué, en quatre ou cinq lignes, signé fut-il signé par le gérant du Cercle Elaeîs disant simplement que ce complexe hôtelier et sportif n'appartient pas au premier ministre Muzito, ne prouve rien et ne peut pas être bradit en justice. Surtout qu'à en croire Kinshasa, le fameux communiqué aurait attérri dans les principaux médias de la capitale via le service de communication du premier ministre. Des méchantes langues ont même ajouté que des espaces ont été cherement payés pour que l'info paraissent en manchette.
Peut-on vraiment être sérieux et démentir la propriété d'un immeuble juste avec un communiqué de presse même signé de la main d'un pauvre gérant? Non. En matière de propriété immobilière et face à des accusations aussi graves, seul le certificat d'enrégistrement fait foi. Le Cercle Elaeïs aurait cent fois mieux fait s'il avait publié la copie du certificat d'enrégistrement.
Comparaison n'est pas raison. Mais elle inspire et guide face à des enjeux majeurs. Lorsque Barack Obama a été élu président des Etats Unis, des rumeurs ont continué à circuler sur sa naissance. Pour couper court à cela, les autorités américaines de Hawaï (où est né Obama) ont juste rendu public sur Internet son acte de naissance. Et la rumeur s'est estompée d'elle même sans qu'Obama ne menace de saisir la justice en réparation. C'est bien beau de demander des preuves au maudit député qui a soulevé la question. Mais il aurait été plus beau encore que le Cercle Elaeïs, à défaut, les services du Cadastre qui relèvent du ministre des affaires foncières, donc du premier ministre, rendent public le certificat d'enrégistrement du Cercle Elaïs et des autres immeubles attribués au premier ministre. Tags : media gouvernance politique |